Concernant la gendarmerie, on observe en son sein une rivalité entre services. Dans un premier temps, les experts feront des rapprochements entre les quatre lettres anonymes des 5 mars, 27 avril, 17 mai 1983 et 16 octobre 1984 pour éclaircir si lesdites lettres ont été rédigées par des personnes différentes afin d'écarter ou confirmer certains soupçons. De plus, une mise à l'eau du mannequin depuis l'autre lieu initialement envisagé (« lieu privilégié ») conduit le mannequin à effectuer un trajet sensiblement plus long et comportant différents obstacles tels que des barrages de broussailles ; ce trajet apparaît donc peu compatible avec l'absence de toute déchirure des vêtements de l'enfant comme de toute griffure de son visage ou de ses mains. Elle sera reçue le lendemain, le cachet de la poste sur le timbre portant l'heure de 17 h 15. » J'avais peur. Dans un troisième temps, le lendemain, le 6 novembre 1984, devant le juge d'instruction, Murielle fait une seconde volte-face, en revenant à sa première version, soutenant que les gendarmes ont fait pression sur elle[39] et l'ont menacée de l'envoyer en maison de correction[14] : « Ils m'ont traitée de menteuse. L’affaire se conclut par un non-lieu en février 2006. Pour son avocat, dont les propos seront repris par de nombreux journalistes[65],[66],[67],[68], ce non-lieu constitue une « réhabilitation[note 17] judiciaire totale » de Christine Villemin, la justice reconnaissant[note 18] par la formulation choisie que les accusations portées à son encontre étaient dépourvues d'éléments de preuve. Certains vont jusqu'à contacter les familles des victimes et ont recours à tous les moyens pour se procurer des éléments de l'enquête. L'avocat annonce qu'il va déposer une demande pour que ne soient plus diffusées les images qui feraient de lui le coupable. Le plus décisif de ces témoignages semble être celui de Claude Colin, qui déclare en 1990 aux enquêteurs qu'à l'horaire du crime, il avait croisé à proximité de la maison des Villemin une voiture avec à son bord « un homme corpulent et une femme rousse », signalement qui évoque directement celui de Bernard Laroche et de Murielle Bolle. « La mère du petit Grégory ou Les fantasmes maléfiques du fait divers » [témoignage de Denis Robert]. Les gendarmes veulent vérifier les déclarations de Bernard Laroche, ce dernier prétendant être arrivé chez sa tante Louisette après Murielle[36] Bolle. D'après Maître François Robinet, l'un des avocats de Christine Villemin, interviewé bien des années plus tard, la tenue d'un procès d'assises exposait sa cliente à un risque important de condamnation, et ce malgré la faiblesse des charges : la presse, d'après lui, « avait donné d'elle une image déformée et rien ne me dit que cette image aurait pu être rétablie en quelques jours de cour d'assises »[57]. Précisant un dernier élément : « Dans les jours précédant le passage à l'acte, des repérages et des surveillances ont été réalisés. Des procédés de mise en scène du film sont réutilisés dans la série même afin de valoriser le récit des témoins et créer un sentiment de suspense. Le 26 octobre 1984, un deuxième portrait-robot est diffusé, après qu'un homme s'étant reconnu sur le premier et s'étant présenté spontanément à la gendarmerie a été mis hors de cause. Elle a donc potentiellement participé à la préparation du crime », « les seuls cris que les voisins ont pu entendre, ce sont les journalistes qui avaient envahi la cour de chez mes parents, car ils ont pris des cailloux sur leurs tronches… », « Pensez-vous que je serais assez fou pour inventer une telle connerie si je n'étais pas certain qu'il était là, cet homme ? Murielle Bolle est libre et innocente »[188],[189]. Gary Lagardette, avocat de Jacqueline Jacob, dit que sa cliente « est fatiguée et usée par 48 heures de garde à vue et de pressions » et invoque « le droit fondamental de se taire, protégé par la Cour européenne des droits de l'homme », droit qui « doit être strictement appliqué pour éviter tout dérapage ». Jean-Marie Villemin avait fait part de ses intentions meurtrières le 27 février 1985 au journaliste de Paris Match Jean Ker (qui imputait lui aussi à Laroche l'assassinat de Grégory), et n'avait pas caché son désir de vengeance à d'autres personnes, dont le capitaine Sesmat, qui avait vainement tenté de le ramener à la raison. La participation au crime des époux Jacob semble reposer, à ce stade, sur des soupçons et non des éléments de preuve tangibles. Il y a une autre incohérence majeure dans son témoignage lorsqu'il affirme qu'une équipe de télévision était présente lors de la « rouste » et a interviewé Murielle Bolle après qu'elle a été malmenée par sa famille. Voici la diatribe publique à laquelle le « petit juge » a eu droit : « Il n’est pas possible, ici, de masquer les erreurs commises par le premier magistrat instructeur. Les premiers enquêteurs de l'affaire identifieront dans le vécu de Bernard Laroche le possible mobile d'une jalousie à l'égard de Jean-Marie Villemin : une enfance moins chanceuse (Bernard Laroche n'a jamais connu sa mère et n'a ni frère ni sœur) une réussite professionnelle moins éclatante (à l'époque du crime, Bernard Laroche est pourtant contremaître, comme Jean-Marie Villemin, malgré une évolution légèrement plus tardive), un couple moins harmonieux que celui de Christine et Jean-Marie Villemin, un enfant en moins bonne santé que Grégory Villemin... À l'époque du crime, les rapports entre Bernard Laroche et la famille Villemin étaient pourtant bons, de sorte qu'aucun individu n'avait réellement soupçonné qu'il puisse être lié au crime. Plusieurs éléments intriguent toutefois les gendarmes, lesquels doutent de la sincérité des déclarations de Murielle Bolle et de Bernard Laroche. C'est le cas par exemple pour le magazine Le Nouveau Détective, qui se voit condamné pour atteinte à la présomption d'innocence de Marcel Jacob[241]. Confrontée à ces éléments, Murielle indique à deux reprises aux enquêteurs, que Bernard Laroche et elle sont allés ensemble, « accompagnés du jeune fils de Bernard Laroche, Sébastien, en voiture jusqu'à une maison de Lépanges », identifiée comme étant celle de Jean-Marie et Christine Villemin, devant laquelle Bernard Laroche aurait arrêté sa voiture. La retransmission en quasi-direct de cette arrestation a longtemps été reprochée aux gendarmes, bien que rien n'indique que ces derniers aient informé les journalistes de l'arrestation imminente de Bernard Laroche. Les traces ADN appartiennent peut-être à un magistrat ou à un enquêteur… ». Le cheveu a quant à lui révélé un génome mitochondrial qui n'a pu être mis en relation avec personne[90]. Selon de nouvelles techniques réalisées par un laboratoire de Bordeaux. Le premier chez qui l'olive remonte à la surface a perdu : il doit payer l'addition[248]. Elle a donc potentiellement participé à la préparation du crime »[152], voire rédigé la lettre de revendication du 17 octobre (Q4) — qui, selon le dernier expert saisi, Mme Navarro, ne serait ni de la main de Jacqueline Jacob, ni de celle de Bernard Laroche —, sans qu'on puisse connaître ses motivations personnelles dans son éventuelle participation. La première lettre est une feuille sans enveloppe. Cependant ils ne sont remplis que d'une faible quantité d'eau et rien ne permet d'affirmer que celle-ci provient bien de la Vologne. Tout rôle actif de Christine Villemin dans l'assassinat de Bernard Laroche a rapidement été écarté par les enquêteurs, d'autant qu'au moment de cet assassinat, Christine Villemin se trouvait hospitalisée. Le 5 novembre 1984 au matin, Murielle réitère en intégralité ses déclarations devant le juge d'instruction d'Épinal Jean-Michel Lambert, en y apportant quelques détails supplémentaires. [...] ». Ils avaient en effet à leur disposition RTL, la radio la plus écoutée dans l'est de la France, et sept autres médias nationaux[225], auxquels ils collaboraient simultanément, en partie sous des noms d'emprunt[226], multipliant au sujet de l'affaire des « articles mal écrits, sournois, répétitifs car fabriqués à la chaîne, marqués par le souci de nuire »[227]. Une rumeur dans la région de Lépanges laisse entendre que le corbeau et meurtrier pourrait être la mère de Grégory, qui aurait été vue à la poste le jour du drame, selon les témoignages concordants de quatre collègues de travail, à qui elle avait été confrontée le 22 novembre 1984, et devant qui elle avait répondu qu'elles se trompaient et l'avaient vue la veille à cet endroit. Avec la relance de l'affaire a en 2017, une certaine presse retombe dans ses anciens travers. Leur garde à vue a été prolongée de 24 heures[111]. »[150]. En décembre 1985, huit mois après la mort de son époux, elle donne naissance à son second fils, qui reçoit le prénom de Jean-Bernard. Lorsque l'enquête échoit au SRPJ de Nancy, les accusations contre la mère sont relayées principalement par le réseau de Bezzina, ami du commissaire Corazzi[229], ce que ce dernier a essayé de démentir sans réussir à convaincre : « L'histoire du journaliste qui entraîne tout le monde derrière lui, c'est faux »[230]. Par ailleurs l'affaire contribue à faire évoluer les procédures d'investigation, ainsi que les lois sur la présomption d'innocence et le secret de l'instruction. Ce texte au ton souvent délirant ne manquera pas de susciter de vives critiques contre son auteur[236]. On apprend aussi que plusieurs autres messages lui ont été adressés depuis la réouverture de l'enquête en juin 2017, mais qu'il s'agit là de la première lettre de menaces. Mais le caractère tardif des recherches et l'impossibilité de vérifier ou infirmer leur alibi leur avaient permis de bénéficier du non-lieu. L'assassinat de Bernard Laroche par son cousin germain Jean-Marie Villemin intervient quelques jours après le dépôt de premières expertises en écriture qui, en imputant à Christine Villemin la lettre de revendication du crime, faisaient glisser celle-ci du statut de victime vers le statut de principale suspecte. Le Journal du Dimanche écrit que parmi les témoignages sur lesquels s'appuie le rapport des experts du département sciences de l'analyse criminelle de la gendarmerie figure celui de Claude Colin, l'amant de Marcelle Claudon, une fermière de Lépanges, ancien gendarme devenu contrôleur de bus à la Société de transports automobiles des Hautes Vosges, qui a certifié avoir vu « un homme assez corpulent » et « une femme aux cheveux roux » s'approcher en voiture de chez les Villemin l'après-midi du crime[100]. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Dans une séquence du documentaire parodique belge de Rémy Belvaux, C'est arrivé près de chez vous, qui date de 1992, le tueur invite les reporters faisant un film à son sujet à boire un Petit Grégory. Le 16 juin 2017, le grand-oncle et la grand-tante maternels de Grégory, Marcel Jacob, frère cadet de Monique Villemin, et Jacqueline Jacob, née Burvelle (ou Burvel), du nom du premier mari de sa mère, Claire Gérard (ce qui n'exclut pas une filiation adultérine), puis adoptée par Raymond Thuriot, son second mari, sont mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, et placés en détention provisoire. La chambre d'accusation suit les conclusions du procureur général et se réunit le 17 mai afin d'étudier le dossier. Tout un tas de choses dysfonctionnent encore dans ce dossier… »[204]. Libération souligne que ce nouvel épisode, trente ans plus tard, retrouve les mêmes dérapages, les mêmes scénarios, alors que, de semaine en semaine, les charges s'amenuisent et que les preuves se mettent à manquer, au point que les trois personnes concernées sont d'abord remises en liberté, avant que les magistrats de la chambre de l'instruction de Dijon annulent leur mise en examen sans prendre en compte ce qu'endurent les uns et les autres[203]. Par la même décision, la Cour de cassation décide également de confier le dossier à la cour d'appel de Dijon. Forgot Password? Euthanasie vient du grec eu- « bon » et de thanathos « la mort ». Les avocats de Murielle Bolle minimisent la décision en déclarant qu'elle provient du fait que leur cliente n'a toujours pas été réentendue par la juge d'instruction de Dijon depuis l'été précédent. Christine Villemin (avec la collaboration de Marianne Orsini). À la suite d'un accident de la route survenu en 2008, Vincent Lambert, né le 20 septembre 1976, plonge dans un état végétatif … Le 9 juillet 2008, à la demande des parents de l'enfant, le procureur général de la cour d'appel de Dijon annonce qu'il requiert la réouverture de l'instruction judiciaire concernant l'assassinat du garçonnet pour procéder à de nouveaux tests sur l'ADN, jugé inexploitable en 2000, et qui aurait pu être laissé par le « corbeau » sur un timbre[82]. Elle a été tracée au normographe ; on n'indique pas d'où elle a été postée mais, si les analyses dont elle a fait l'objet ont révélé la présence d'un ADN masculin isolé et de 13 mélanges d'ADN masculin et féminin, ceux-ci ne correspondent à aucun des très nombreux profils génétiques déjà recueillis dans l'affaire[173]. Il bénéficie de la réhabilitation légale le 31 décembre 2008, conformément aux dispositions du Code pénal[80]. Ne le trouvant pas, elle est prise de panique, se précipite dans son automobile et part à sa recherche, pensant qu'il a pu vouloir retourner chez sa nourrice ou rejoindre des camarades. En décembre 2018, Patrick Faivre, un cousin de Murielle Bolle (le même qui a témoigné précédemment), attaque celle-ci, Pauline Guéna (co-auteur de son livre) et la maison Éditions Michel Lafon (éditrice de son livre) pour diffamation ː dans Briser le silence, elle déclare en effet qu'il a inventé des violences infligées par sa famille la veille de sa rétractation[215]. La photo prise par le second d'un pompier encordé tenant dans ses bras l'enfant vêtu d'un anorak bleu, d'un pantalon velours vert foncé et d'un bonnet de laine rayé de bleu et blanc rabattu sur le visage[234], est publiée dans la presse le lendemain. Habituellement, un non-lieu est rendu pour insuffisance de charges. Les directives anticipées sont contraignantes. Le lendemain, Le Parisien publie une interview exclusive de Marie-Ange Laroche où ces points sont abordés. La machine à broyer s'est mise en marche pour détruire ou abîmer la vie de plusieurs innocents, pour répondre au désir de revanche de quelques esprits blessés dans leur orgueil ou dans l'honneur de leur corps. « L’affaire Grégory : une histoire française. En plus de trente-cinq ans, l'affaire connaît divers rebondissements et donne lieu à de nombreuses erreurs de procédure, au point qu'elle fait généralement figure d'exemple parmi les pires échecs de l'institution judiciaire, dont les manquements dès le début de l'enquête semblent avoir empêché toute identification du ou des coupables. Une information est ouverte par le procureur de la République mais la demande de procédure, adressée le 16 décembre 1983 au juge d'instruction de Saint-Dié-des-Vosges, est close par une ordonnance de non-lieu faute d'éléments probants. Les personnes entendues comme témoins sont Albert (quatre-vingt-six ans) et Monique Villemin (quatre-vingt-cinq ans), les grands-parents paternels de Grégory. Le dossier va être rouvert, et les protagonistes de l'affaire de nouveau entendus[84]. La lettre en question est une lettre rédigée en écriture cursive et datée du 17 mai 1983[113],[114]. J'ai dit ce qu'ils voulaient. Ceux-ci annoncent qu'ils vont se pourvoir en cassation, mais ils doivent attendre pour cela le 13 avril 2018[180], jour où les juges de Dijon se pencheront sur la requête en nullité pour sa mise en examen de juin 2017[181]. Je me suis vengé du chef et j'ai kidnappé son fils. Pour aller plus loin : un manuel gratuit sur l'euthanasie. Les époux Jacob, mis en examen en 2017, sont ainsi suspectés d'avoir été les complices et/ou commanditaires de l'enlèvement de Grégory, dont l'assassinat aurait, d'après les mêmes enquêteurs, été mis en œuvre par une véritable « cellule familiale » organisée. En 2017 Jean-Michel Lambert regrettait que beaucoup de journalistes recommencent à se faire les porte-micros des gendarmes dans un dossier qui est accablant pour eux, Des journalistes prennent la place des enquêteurs, certains d’entre eux se font passer pour des gendarmes ou placent des micros dans les armoires, Le journaliste Jean Ker se comporte en vrai détective. Le 2 novembre 2009, invitée dans l'émission Les Grandes gueules sur la radio RMC, Marie-Ange Laroche affirme qu'elle ne s'opposera pas à l'exhumation du corps de son mari Bernard Laroche à des fins d'analyse ADN, si cela se révélait nécessaire. Le 24 septembre 2003, la mère du jeune homme provoque le décès de son fils avec l’aide d’un médecin. – « Baisser les bras » La première loi Leonetti (2005), en ouvrant l’idée d’une approche palliative de la fin de vie, a inauguré le droit de baisser les bras devant la mort et le devoir de ne pas s’acharner. Son auteur, qui dit s'appeler Corinne, se présente comme une amie de Murielle Bolle mais n'a jamais pu être identifié. Très vite, Jean-Marie et Christine Villemin voient s'abattre sur eux une forte jalousie familiale et sont victimes de harcèlements. Au cours des jours suivant ces déclarations, les avocats de Murielle saisissent le juge d'instruction d'une plainte à l'encontre des enquêteurs de la gendarmerie, pour « faux et subornation de témoin ». Ces éléments pédagogiques sont assortis de citations, de témoignages et illustrés par des dessins. En effet Jean-Jacques Bosc a reçu au début de janvier 2018 une autre lettre anonyme rédigée, elle aussi, au moyen d’un normographe et présentant des similitudes avec celle qui lui était parvenue en août 2017[174]. L'intéressée déclarait d'ailleurs que « Muriel était si fragile qu'on pouvait lui faire dire n'importe quoi » et évoque une conversation lors de l'enterrement de Laroche où l'adolescente aurait simplement répondu : « Je n'ai rien fait. Puis la stylométrie devra également analyser les principaux appels anonymes reçus afin de déterminer s'ils ont été passés par plusieurs personnes et s'ils peuvent être mis en corrélation avec les lettres[176]. Le 11 avril 2001, la chambre d'accusation de la cour d’appel de Dijon, estimant qu'« il n'y a pas lieu de poursuivre quiconque », clôt par un arrêt de non-lieu l’instruction de l’affaire Grégory, ce qui fixe la prescription au 11 avril 2011. La veuve de Bernard Laroche peut alors demander une réparation à l'État du fait de l'absence de protection dont a pâti son conjoint. Le corps sans vie du petit garçon est retrouvé quelques heures plus tard, vers 21 h 15, plaqué contre un barrage dans la Vologne, à Docelles, à sept kilomètres en aval de Lépanges, des cordelettes lui liant les mains (sur le ventre), les pieds et le cou. Or le droit ne peut pas obliger un acteur de tuer un sujet de droit. Au cas d'espèce, le non-lieu prononcé pour absence de charges est sans précédent dans l'histoire judiciaire française. Sa mère est en train de le rechercher mais elle ne le trouvera pas. Là où le gosse a été noyé, j'y ai jamais été. Le 28 mai 1985, Jean-Marie est transféré à la prison de Saverne dans le Bas-Rhin pour être plus près d'elle. C'était oublier opportunément le rôle joué en la circonstance par le journaliste de RTL Jean-Michel Bezzina, le commissaire Jacques Corazzi (du SRPJ de Nancy) et le second avocat de Laroche (et donc collègue de Paul Prompt) Gérard Welzer, lesquels, agissant de concert, n'avaient pas eu trop de peine à persuader un juge d'instruction décrit par les observateurs comme influençable et pusillanime d'inculper Christine Villemin[74]. L'erreur judiciaire, cela existe. L'utilisation par la Gendarmerie nationale du logiciel Anacrim, fondé sur le logiciel Analyst's Notebook (ANB1)[97], pour l'analyse criminelle des données de l'affaire ainsi que l'expertise graphologique de 47 pages de Christine Navarro, une ancienne gendarme devenue experte judiciaire[note 20], permet à la justice d'émettre une nouvelle hypothèse inédite pour tenter de confondre le ou les corbeaux de la Vologne[98]. À Docelles, place de l'Espine, une ampoule vide et une seringue d'insuline sont par ailleurs retrouvées le 9 novembre 1984 (trois semaines après le crime) près du local des pompiers, aux abords duquel le corps de Grégory aurait pu être jeté dans la Vologne, ce lieu étant également désigné par Murielle Bolle comme l’endroit où Bernard Laroche serait descendu de voiture avec Grégory (mais ultérieurement on contestera qu'il s'agisse du lieu de la mise à l'eau).
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