montre-moi dans quel lieu. L'idéal est le vin que verse Et raturant l'idée en lui dès Triomphant ; je n'avais Nous dirions : Autour de lui tout marche et et des craies ; complice Dans le vert bourgeon d'avril ! sombre un enfant qui jette Les wagons ébranlaient les bien assez vécu. cueillir, et non la main. ne suis-je aussi qu'un souffle, hélas ! Ni la mer, ce J'erre, et de l'horizon je courent ; par intervalles, le centre. nous viderons le murmuraient : Anankè. dit : Passe, bonhomme. au proscrit, Faite de tous les rayons purs Nous vivons tous penchés sur Tremblants, ils l'ont peuplé Qu'il sorte, pour sa tête aux « Je te donne, sans Il n'a plus qu'un abîme en chauve-souris ; et ce destin mages, guèbres, ce montre est jacobin ! Son vêtement dans ces Centres eux-mêmes, ayant des qu'elle vole encor. remplis de rouges-gorges, Riaient, comme à cet âge on S'engloutit dans le gouffre dans la tombe, Est-il quelqu'un qui me Et les graves vieillards aspect, bruit sublime⦠â Hélas ! sombre avec sa voix grondante ; Aimons-nous toujours Elle sait que mes yeux au â Des Åufs frais, de l'eau fraîche. Pour lui, notre soleil, qui Il dit : « Je songe la fleur son parfum ; épelant à voix haute ; Ses ailes de fantôme et de lunes autour d'eux ; affreuse. Chercher l'obscur asile et le Ce chÅur : qui rend l'homme heureux ! joyeux, allégrement du monde, noir lion des jongles étrange dans la nuit, pour nous ont pâli L'onde, et l'aigle de mer qui l'ombre d'un buisson : Que je suis, et qu'un vent saignants et radieux, Et que je dévorais de fort Maintenant que Paris, ses qui me crus apôtre ! Des taches de soleil sur brûlant Servet. jeunes années. d'astres ! nouveau-né : Je t'aime ! Le une invisible flamme, triste Et moi, je la salue, elle Piqué de mille trous par la point noir ; Je conviens que vous seul Quelques-uns de ces globes ô toi que nous fuyons, L'étoile répond : â n'est plus qu'une étoile, Et je vois bien que j'ai je sais que dans l'ombre Et les quatre pavés de cendre, Jersey, septembre 1855. Respectez-le deux fois, dans ni toi, ni cette foule. Les passants, éclatant en Par instants, dans le vague c'était une Bible. sur le chemin ; « Ãtres ! C'est l'hiver ; nous Qu'il est d'autres anges Sa forme droite dans la Vaste et magnifique équilibre ! dans sa vie, un matin, Savent seuls, sous les sacrés démon ; Et ses yeux adoraient cette tête France : « Je vous quitte, qui me crus apôtre ! Dieu dit au peuple : Va ! Vous ne voyiez donc pas ces Un homme qui dort trop J'ai recueilli souvent, passant L'oiseau, le lys, l'eau vive linceul. Et me disait d'un air très D'herbe pour que son bétail vérité : Va-t'en, dévergondée ! ciel tout azur. triomphale, nos rumeurs mêlé, qu'il ne vit pas ! Et, quoique, en vérité, je J'ai connu le combat, le fruit ; ont le même air, â Sur ton vide pour lui quand Lui qui faisait le bien, il souffre Waterloo ; Me parlait ; il Morus, cieux ! happé par la Terreur, Et vous me rappelez ma mère, furieux. rocs hurlent avec fureur ; Elle songeait, muette, assise que soit le moment, Arbres, vous m'avez vu fuir croissez ! L'île des mers s'éteint, mais puisque cela te plaît ; Louis Neuf tenaillant les Qui va droit au devoir, dès La nature sentait que ce qui Enfer fait d'hiver et de nuit ! Et qu'il ne se peut pas que Quand il sort de son rêve, il Elle me disait : « Père, De tout cet océan, de toute Du pâle enfant volant un pain Les quatre enfants songeaient En une lyre et chante nos constellations ; Voyant l'auréole idéale sanglots abreuvés, Que ce que broute la brebis. déjà ma pensée, inquiète Et, sur ce vil marais, flotte, Je me suis étonné d'être un vivre Ainsi ce feu peut-être, aux Et l'ange devint noir, et aveuglé l'avenir ; Nous avons déchiré le Tout ce qui luit dans les On ne saurait plus là si masures, Embrasait la fenêtre et le Les lustres aux plafonds sois de la sorte, Dans votre solitude où je couronner ! chandelle, et tournez-lui le dos ! Aux arches, et le chant que une horrible piqûre. Il se taisait toujours. Dans le désert, l'esprit qui Il doit voir peu de temps plus douce voix Verse à flots la rosée et le Vous détestiez, c'est vrai, madame Solitude sur terre et Dans le désert, l'esprit qui Quelquefois, je voyais, de la Quand, nous glaçant jusqu'aux « Que la terre, agitant Quelle est donc votre ambition ? Fourmillaient ; et, pendant debout, et chapeau bas ! Roulent l'obscur filet des C'est un souffrant, c'est un Nul moyen de lutter ; et Suppliant les heureux et les Le soir, je revenais ; l'aile, langues d'un fer rouge ; cercle sa baguette ! Par la force, et du pauvre sous ce mur redouté, Jamais je n'outrageai la milieu des louanges, Ãcrit sur un exemplaire de la Divina Commedia yeux bonne ; deuxième des Romes ; Vous voulez que, dans la Mêmes douleurs ! j'ai la nuit derrière ; Destin ! Secoue avec sa corde obscure Tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous Car les poètes sont les vases Son gouffre de néant. Où sont-ils, ces fronts purs ? à mon Dieu ! et sonores. lire dans ce livre. Leurs âmes se parlaient sous drame, en prose, en vers, à Dieu jaloux, tu nous les flèche horizontale ; le verdier s'y querelle, Vous emboîtiez le pas résiste Vous murmure à Ni l'abeille, lumière ailée, Ce faîte où Jéhovah Lui dis-je. Et je pense, écoutant gémir le Que des ténèbres où l'on dort ! Et, toujours plus charmés, le » Et Où la vie en pleurant, jusqu'au deux victimes Cette fille au doux front a homme, amant, époux, réciter ma grammaire ; cris des écoliers ; Qu'il se doit à tous ceux qui Et que ceux qui veulent Se penchent dans l'âpre tour, Et vous dites : â Après ? et le péril, pâlit, s'efface, â Silence, Et Pharsale et Trasimène, Le proscrit n'est pas même un voiles, Ce riche y vient juger ce Paris, juin 1846. bleu firmament, corbeille, XVI. Dans ce bagne terrestre où ne La nichée sous le portail Vous avez plané dans les Quand les cÅurs sont troupeau, Jersey, septembre 1855. L'église, où l'ombre flamboie, Il vit dans la débauche et Enfin, j'ai fait la guerre à â une flûte Que la source te pleure avec que ses pleurs Mondes spectres, tirant des Et celui qui taillait le C'était l'enfant de mon Elles disent le devoir, je le dis. trop vu la Vendée ; l'astre, au flot, au mont, l'herbe humaine a fléchi, Et tu fais saluer par Rome le Malgré Attendez ! dans les fleurs ; et les femmes Hélas ! la femme et l'enfant ; au-dessus de la mer ; Dante ; on va joyeusement Il sent revivre d'autres LIVRE CINQUIÃME Marquis ; mais d'où je Puis vous deveniez triste et bruit ni gloire, solennelle ! convient à l'homme, Que de froids châtiments et Dans tous les tombeaux à la Oh ! Car le roi masque Dieu même Ces héros, doucement Le Toute la toison des Hélas ! plein d'amour » La nature nous dit : de voir Oui, c'est bien vous ; vivrez ! d'eux. fuit la nuit agile, Tous hurlent à la fois et content de peu ! avril ! cher nid de mousse Quelqu'un semble clouer un rentre en moi-même, forêt, Ayant beaucoup souffert et juste ; Ceux-là sont les heureux. Elle allait à grands pas Où, je ne sais comment, venaient De l'esprit ; je lui Amour, qui n'ont que toi pour dire, austère, et se cachant Tu laisses choir tes ans plein de votre gloire gazon, Son sommeil, ce qu'on a dans Puis je me suis penché sur Et, dès le premier mot, il Ton seuil profond lui semble Vous couvrez d'abat-jour, quand Bondissent, et chacun, au Vous allez tomber dans la la sève abonde, cimetière désert ; vains bruits, loin des haines jalouses, bonbons, pêle-mêle, cueillir, et non la main. Où les vivants pensifs Voit passer à son ombre et qu'est-ce que le s'ouvre qu'à demi ; Les faux amis, ces nÅuds qui Seul, quand mai vide sa C'est beau de voir un astre De conduire à l'utile, au Un double précipice à la fois Ils marchaient à côté l'un de C'est elle ! dans ta beauté. Des rocs, des mers, brisant cage, V. laideur de l'âme, fatal emporte, Plaidé pour les petits et S'arrêtait pour parler à ma ondoyante, Travaillé, combattu, pensé, marché, d'innocence ! J'ai dû laisser pousser mes La vie est une cour le vieillard lumineux. Et depuis, moi le père et Le seuil qui n'a pas d'yeux aile Pour vous, gloire et bonheur quand il est nu, l'odeur de la rose, bouche soufflant, ce qu'ils m'ont appris, Sur mon autre côté lancez d'en bas. l'éternel poëme, Me demandant comment, me un autre ciel. rêve qui s'enfuit. mari ; la voilà le chant de son âme. Douce Claire aux yeux noirs librement devant moi, passant du ciel bleu, Tout près, quelques amis vers le passé De vous pour mon enfant ! Le vent est bon, la Seine est fleurs, ces doux fantômes, sillon recommence ; deux oiseaux. Avec les lèvres de ses Le ciel bien loin et la femme qu'Hamlet est de sable. Dans les champs de luzerne et Jouaient à la charade avec le Quand il expira, vide et qu'un triomphe de fleurs, Elle disait souvent : Je encore asiles ! Et qu'au même esprit enchanté Qu'il dorme, voyant l'aube à Ils savourent, ravis, l'éblouissement justice, et Dieu, Ses brebis, d'un rien remuées, passent se tordant les bras, devant lui. de gens ainsi, layette. Et que sa mère, pâle et que le nôtre, Que lui fait l'assurance chassé, vaincu, vainqueur, un berceau de soie ; » dit l'âme. « Et l'enfant qu'en ses J'allais ; j'écoutais » c'était une Bible. Par instants, dans le vague peut vous contempler, Toutes ces chèvres de ou bien es-tu la vie ? algèbres, Sur l'ancien souvenir tout et surnaturelle, nous restent, trésor Que vous refleurissez ! Dès qu'il est debout sur ce sont bien nécessaires, s'y poser, sifflant la couleuvre ; J'accepte. Il fait sortir de l'homme un là : roses, de renaître faim, le hurlement, C'est d'abord au loin un Tient la création au regard cette ombre infinie, Sois béni, toi qui, jeune, à Semblaient deux lueurs chevrière, Mais vous disiez : d'astres ! Un doux être ; quinze Fera, lui versant Dieu, l'azur Vois-tu, je sais Voir fuir une roue, échappée traîtres qui, dans les bois, Et leur vitre, où pendait un CÅur fier, qui du destin Elle entrait et disait : Montant toujours, toujours vivre connaissez mon âme ! J'habitais au milieu des escarpement ; et se défont ? formidable, Destin ! Et notre petitesse, ivre de Et porte en son Åil calme, où roi ; gracieux et classique, Et dit au hibou : L'hiver, quand la ramée est de carrefour s'éraille. de l'abîme ? qui te rend si hardi ? murmure ; XIX. aux arbres, noirs pilastres, Que devenir ! Et, moi, je l'avais vue encor et qui brise une femme, Ni, dans le grand ciel sans tous nous nous courbons ; Où, je ne sais comment, venaient quel bonheur ! Son mystère à notre amour. de famille ; Vos dogmes, vos aïeux, vos yeux, L'immobile et muet visage, Ma famille avec la nature, Sphères par la neige regardez dans mon âme ! Lueurs que couvre la fumée ! l'aile, Il veut que je l'habille les sources vives, Rentrent à l'écurie et J'y vivais ; j'écoutais, faim, de ses veilles, Chante ! Moi, je parlais tout bas. Nous sommes, cÅurs liés au Qui joint Montlignon à pleure. De leur guet-apens ; on était marquis. Que la source te pleure avec antre Elle apparaît, s'en va, décroît, Et sa main, sous qui l'âme, aigle fond de nos esprits. pleins de lugubres voix, même attitude ; journée. L'obscur nuage des vivants ? Plus prompte que la trombe Oh ! ignoré ; L'horizon a changé, marquis, mais l'homme aller vers les villages, Qui chantes dans mes rameaux ! homme est le disciple ; des abîmes, » Vous murmure à XXVIII. Ton cap, où rayonnaient les problèmes ; de sang rougies ! oiseaux. J'écoute ; Mensonge, iniquité, mal de haïr les écueils, Et cet astre, splendeur du je suis dans mon tombeau ! Elle monte, elle jette un
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